> quitter le parcours
  Le vélo au cinéma  
 
 
  Parcours croisé avec le Pôle Image Haute-Normandie : > Thématique cyclisme (pdf)
 
 
Départ de cyclistes

Départ de cyclistes
© Association frères Lumière

En cet été 2013 marqué par la centième édition du Tour de France, les Archives françaises du film du CNC ont choisi à travers son épreuve-phare, d'honorer la discipline même du cyclisme, qui a toujours su entretenir sa propre mythologie. Ses grandes figures sont à l'origine d'images fortes qui ont marqué l'esprit des générations successives.
Lorsqu'en 1903 et pour tenter d'augmenter son lectorat  aux dépens de son rival historique Le Vélo, le quotidien sportif L'Auto annonce la création du Tour de France, le cinématographe est encore dans sa première décennie. Dès cette origine il a su pourtant affirmer la cinégénie particulière de la « Petite Reine ». Ainsi, deux cyclistes qui s'arrêtent le long du trottoir d'une rue où passent encore des cavaliers figurent en bonne place dans un film Lumière de 1896, et c'est le même motif exactement que l'on retrouve dans Bois de Boulogne, porte Dauphine saisi en 1899 par Etienne-Jules Marey et Lucien Bull.
En 1896 encore, un opérateur rapporte d'Espagne les images d'une unité de cyclistes paradant lors d'un défilé militaire. Ces documents constituent les plus anciens du corpus constitué autour du cyclisme  par les Archives françaises du film du CNC, essentiellement à partir de leurs collections de non-fiction. Y figure en bonne place Roues libres (1949) de Léo de Gioanni, qui retrace l'histoire de la bicyclette depuis la draisienne, et du grand succès populaire qu'elle connaît grâce au sport et aux nombreux coureurs, français et étrangers, sur piste et sur route, qui accèdent rapidement à la célébrité.
 
 
C'est donc logiquement que le corpus « Cyclisme » fait la part belle aux images du Tour de France dont au fil des ans, la couverture devient une figure imposée pour les actualités filmées, et le sujet de prédilection de réalisateurs épris de sport dont certains, parmi les plus spécialistes, se font même un nom. A l'instar de Jacques Berr, qui signe Le Tour de France 1950 et pour la même société de production - La France en Marche -, livre encore l'année suivante Le 38e Tour de France cycliste , ou Giovanni Elli, qui co-réalise Le 35ème Tour de France en 1948 sous les couleurs de L'Equipe et Cinésport, puis Giro di Francia '49 (24 jours de course) pour le compte de la C.I.A.C. (Compagnia Italiana Attualità Cinematografiche). Leurs chroniques filmées constituent le pendant en images de l'épopée journalistique et littéraire qu'édition après édition, construisent les commentateurs passionnés du Tour, au premier rang desquels on compte bien sûr Antoine Blondin.
Le Tour de France 1950

Le Tour de France 1950
© Succession Joudioux

 
 
Le 35ème Tour de France

Le 35ème Tour de France
© L'Equipe

D'autres courses sont représentées dans cet ensemble parmi lesquelles des classiques telles que Bordeaux-Paris, dont la 41ème édition est le sujet du Derby cycliste de la route en 1935, et qui sera encore mise en avant dans 50ème Bordeaux-Paris, coupe Kléber-Colombes que Jacques Berr réalise en 1950, ou Bordeaux-Grenoble, filmée en 1946 par Pierre Landry dans La Ronde de France. Mais c'est bien le Tour de France qui, ayant conservé les faveurs du grand écran pendant plusieurs décennies, est majoritairement représenté dans notre corpus « Cyclisme » : citons encore Ceux du Tour (1935) de Lucien Cazalis, ou Pour un maillot jaune (1965) de Claude Lelouch. Sans oublier Vive le tour! (1962), dans lequel le cinéaste Louis Malle parvient à restituer parfaitement l'ambiance de la Grande Boucle, avec le défilé des voitures publicitaires et la foule au bord des routes, le déroulement des étapes et la difficile ascension des cols, les abandons et les chutes, et finalement la victoire, qui cette année-là va à Jacques Anquetil.
Depuis plus d'un siècle, le cyclisme professionnel se trouve à la croisée d'enjeux commerciaux toujours plus grands, et le Tour de France est en proie, depuis sa naissance, à une pression médiatique qui ne s'est jamais relâchée. L’épreuve-reine est aujourd’hui devenue un grand objet de télévision, dont elle a écrit certaines des plus belles pages en direct. Il a semblé pertinent aux Archives françaises du film du CNC de permettre la redécouverte de ces documents cinématographiques qui ont contribué à édifier la glorieuse légende des Géants de la Route.
 
 
> voir les notices des longs métrages
> voir les notices des courts métrages