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  Un film il y a 100 ans...  
 

L'Eclaireur paraît de 1881 à 1937 à Nice. Il est entièrement numérisé et disponible à la consultation sur le site internet du Conseil Général des Alpes-maritimes.

En ce mois d'avril 1914, le journal fait la promotion du film Les Enfants du Capitaine Grant, tiré du roman de Jules Verne.

Dans ce même journal, à la date du 30 avril, est fait mention d'un incident survenu à Cannes lors d'un tournage...

> Les articles sur le film
> L' article sur l'incident à Cannes
> Le film

 
  Avril 1914 - L'Eclaireur (Nice, Alpes-Maritimes)  

Lundi 27 avril 1914 :

POLITCAMA

"Comme nous l'avions annoncé, c'est aujourd'hui que le Grand Cinema commencera la publication des oeuvres du célèbre écrivain Jules Verne, avec le grand drame d'aventures "Les Enfants du Capitaine Grant" ; à côté de ce chef-d'oeuvre, six autres numéros choisis parmi les dernières créations de la semaine complèteront ce spectacle hors de pair. Matinée et soirée."


Mardi 28 avril 1914 :

POLITCAMA

"Le Grand Cinéma présente cette semaine, "Les Enfants du Capitaine Grant", roman d'aventures en 5 parties. Tout le monde, petits et grands, voudra voir ce merveilleux film tiré des oeuvres célèbres de Jules Verne, qui est le plus intéressant et sensationnel, paru à ce jour dans l'art cinématographique. Matinée et soirée."


Mercredi 29 avril 1914 :

POLITCAMA

"Avis à tous ceux qui n'ont pas encore vu "Les Enfants du Capitaine Grant", roman d'aventures en 5 parties, qui malgré son grand succès, quittera l'affiche demain soir. Les amateurs d'émotions pourront suivre encore aujourd'hui et demain le chef-d'oeuvre de Jules Verne. Ce film sensationnel n'est pas seul au programme, d'autres numéros inédits complètent ce spectacle incomparable. Matinée et soirée"


Jeudi 30 avril 1914 :

POLITCAMA

"Aujourd'hui, grande matinée de famille avec entrée gratuite pour tout enfant accompagné. Dernier jour du triomphal succès "Les Enfants du Capitaine Grant", grand drame d'aventures en 5 parties, que tout Nice voudra voir avant de quitter l'affiche"

 
  Avril 1914 - L'Eclaireur (Nice, Alpes-Maritimes)  
 

Jeudi 30 avril 1914 :

LA REGION
(DE NOS CORRESPONDANTS PARTICULIERS)
CANNES
LES VICTIMES DU FILM

Pour simuler une scène d'explosion en mer
pour cinéma, un des acteurs se serait
noyé infailliblement sans l'inter-
vention d'un marin, témoin
de l'accident

"Pour construire un scénario de film se rapprochant autant que possible de la réalité, et devant figurer l'explosion d'un auto-canot avec passager à bord, une troupe d'acteurs de cinéma, venue de Nice, avait pris place, hier, vers midi, à bord des canots automobiles "Lakmé" et "Jane", du port de Cannes.
A bord du premier, l'opérateur avait installé son appareil, tandis que quatre acteurs "opéraient", de leur côté, à bord du second.
La mer était calme et midi était l'heure propice. Peu de monde, quelques rares promeneurs, seulement sur le boulevard Jean-Hibert, longeant la Grande Bleue.
Par un quelconque moyen, un kilogramme de poudre disposée dans un récipient "ad hoc" devait exploser avec fracas.
L'acteur se serait-il trompé sur la quantité d'explosif ? Le vent assez vif rabattit-il trop violemment la flamme sur les opérateurs ? Toujours est-il qu'au moment "psychologique", si l'on peut écrire, l'explosion se produisit bien, mais avec une brutalité inattendue, endommageant gravement le bateau et occasionnant des blessures superficielles au cou, à la figure et aux mains à l'un des artistes.
Immédiatement, - c'était d'ailleurs dans le programme, - les acteurs se précipitent à l'eau, tandis que le patron du canot essayait d'éteindre l'incendie provoqué par l'explosion.
Mais l'histoire ici se corse. L'un des artistes, à l'eau, s'égosillait à crier :"au secours !" Il devait être sauvé par les personnes ayant pris place avec l'opérateur à bord du deuxième auto-canot.
Mais un brave marin, M. Raphaelo Pieroni, gardien des Chantiers d'Antibes, dont les ateliers de construction sont non loin de là, avait assisté à la scène. Et, courageusement, il se jeta à l'eau et vint au secours de l'artiste en détresse. Fort heureusement pour ce dernier car sans l'aide efficace qu'il lui apporta, il n'aurait sans doute pas regagné le rivage, quoique bon nageur.
L'artiste, qui avait reçu des brûlures, fur aussitôt conduit et soigné à la pharmacie Sansseron.
Et durant ce scénario par trop réel, seul, impassible, l'opérateur filmait, filmait sans interruption !...
Ce fait-divers, dont le moins que l'on en puisse dire est qu'il sort de la banalité, a alimenté, durant toute l'après-midi, les conversations.
Le "film" aussi a ses victimes !"


Source : journal L'Eclaireur, conservé et numérisé par les Archives départementales des Alpes-Maritimes.


> Ressource en ligne

 
 

Les Enfants du capitaine Grant (1913)

 
 

Collection CNC

Titre de l'oeuvre adaptée : Les Enfants du capitaine Grant de Jules Verne
Fiction, Aventures, Noir et blanc, Muet
Format d’origine : 35 mm
Métrage d’origine : 1770 m
Durée d'origine : 97 min

Réalisation : Victorin Jasset
Société de production : Éclair

Supervision : Michel Verne

Année de production : 1913
Année de sortie origine : 1914
Pays de production : France

 

Ce film a été restauré par les Archives françaises du film du CNC.

Comédiens : Pierre Delmonde ; Josette Andriot ; Michel Gilbert ; Denise Maural ; Dussoudeix ; Jordan

Résumé : Mary et Robert Grant apprennent que Lord Glenarvan a découvert, au large de Glasgow, un message de leur père, disparu en mer depuis trois ans. Décidés à partir à la recherche du naufragé, ils embarquent à bord du "Duncan" en compagnie du lord, de sa femme, Lady Helena, du capitaine John Mangles et du géographe Paganel. Le capitaine Grant serait échoué sur une île, dont seule la latitude est connue. Leur périple les mène d’abord jusqu’à la cordillère des Andes, où ils doivent affronter successivement un tremblement de terre, un condor et une inondation. Ils rejoignent ensuite l’Australie et font la connaissance d’Ayrton, un ancien mutin du bateau du capitaine Grant, qui les met sur une fausse piste afin de s’emparer du "Duncan". Ils échappent à ses pièges et parviennent en Nouvelle-Zélande, où ils doivent affronter des Maoris. Après avoir surmonté bien des dangers, l’équipage finit par retrouver le capitaine Grant.

Observation : Le résumé a été rédigé à partir d’un élément incomplet et d’un scénario d’époque.

Mots clés : Australie; Catastrophe ferroviaire; Condor; Cordillère des Andes; Exploration; Inondation; Maori; Montagne; Naufrage; Navire; Nouvelle-Zélande; Patagonie; Temple; Tremblement de terre
Lieu de tournage : Cherbourg (France)

Lieux de consultation : CNC à la BnF (Paris) ; Bois d'Arcy (Yvelines)