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Le projet Lumière
 
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Mais l’intérêt de Bucking Broadway ne s’arrête pas là. Le film esquisse en effet un autre thème fordien : l’importance de la communauté. Le soir de ses fiançailles avec Cheyenne Harry, la fille du propriétaire du ranch (interprétée par Molly Malone) s’enfuit avec l’homme de la ville, tandis qu’un cow-boy joue « Home, sweet home, Oh there’s no place like home » sur un piano comme par hasard new-yorkais. Loin des siens, la jeune femme vit mal son éloignement et n’aura de cesse que de rejoindre sa communauté, reflet de son identité.

John Ford a fait de ce thème universel l’un des points forts de son œuvre, tantôt dans un souci probable d’évoquer le culturalisme (The Searchers, Two Rode Together, deux de ses plus beaux films), tantôt dans une optique plus autobiographique (le retour vers l’Irlande de ses origines dans The Quiet Man ou encore The Rising of the Moon).

On trouve encore d’autres éléments typiquement fordiens dans Bucking Broadway, à commencer par la bagarre homérique (qui trouvera son apogée dans Donovan’s Reef), voire le rôle prépondérant de la barrière, point de repère où les destins se décident. Formellement, le film démontre également la formidable capacité de son auteur à composer ses plans. On y découvre la rigueur des cadrages, l’idée du cadre dans le cadre et l’usage de la profondeur de champ, qui contribueront à définir le style de John Ford dans des films beaucoup plus tardifs."

 
Eric Loné, Positif n°504, février 2003