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  Bologne 2010 Les intrus Le mystère des perforations Une stratégie pathé ? notice détaillée Crédits
       
  Rester présent sur le marché international... une stratégie Pathé ?  
   
   

A la fin de l'année 1913, la Cines en Italie éditait une mise en scène de Enrico Guazzoni, Marcantonio e Cleopatra, adaptée du drame de Shakespeare éponyme, face à laquelle l'œuvre de Zecca et Andréani ne supportait pas la comparaison tant en termes de durée, puisqu'il s'agit d'un long métrage, qu'en termes de décors, de mouvements, d'ampleur de la figuration. Pour rivaliser avec la production italienne, il fallait donc que Pathé livre une nouvelle Cléopâtre qui prenne en compte les nouveaux modes d'écriture cinématographique.
Mais la firme n'avait pas les moyens de cette ambition. Aussi on peut émettre l'hypothèse qu'elle composa une version augmentée du film de 1910, non en commandant de nouvelles scènes à l'un de ses réalisateurs maison (n'étaient-ils pas alors mobilisés ?), mais en piochant dans son catalogue.
Les œuvres sollicitées deviennent alors, pour user d'un anachronisme, des « stocks shots », qui gonflent la bande initiale. Celle-ci répond ainsi un peu mieux aux attentes des spectateurs : mouvements et variétés des décors sont bien au rendez-vous, même si la cohérence du récit en est quelque peu malmenée.
Proposer une telle composition au public en France aurait certainement déchaîné les plumes acerbes de la critique naissante, mais l'envoyer à la conquête du continent sud-américain permettait à Pathé d'occuper à moindre frais des écrans lointains. On peut ainsi voir dans cette Cléopâtre (peut-elle encore porter la signature de Zecca et Andréani ?) une tentative désespérée de maintenir en place les ramifications d'un empire prêt à s'effondrer.

   
   
   
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