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La presse au secours du chercheur

 
 

Comment aborder les films de la période muette dont les éléments filmiques arrivés jusqu’à nous sont souvent lacunaires ? Il est en effet fréquent que les bandes ne comportent pas de carton titre, voire d’intertitres qui permettent leur compréhension, sachant que, jusqu’au début des années 1920, il est, de toute façon, très rare de  trouver des mentions de générique. Quand on se trouve face à un négatif sans intertitres et sans cartons, dont il ne reste que des boîtes de petits bobineaux d’images pas toujours montées, comment faire pour tenter d’identifier l’œuvre et lui restituer une existence ?

 
 
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Publicité pour les Etablissements Gaumont dans Ciné-Journal, 1909

La première approche du film s'effectue bien évidemment à travers l'examen dela pellicule, qui,si elle est d’origine, fournit les indications les plus fiables en renseignant sur la date, le pays ou la société de production. Il en est de même pour l’examen des intertitres. Ensuite, le recours aux catalogues des sociétés de production de l’époque s’avère indispensable pour comparaison entre les renseignements fournis par le support lui-même et l’une des premières sources écrites dont on dispose.
Mais cela vaut pour les sociétés de production les plus importantes telles Gaumont, Pathé, Eclair ou encore Eclipse qui ont toutes édité des catalogues toujours accessibles aujourd’hui. Mais ce n’est plus vrai pour les petites sociétés où là, seule la presse nous permet de trouver des informations.
Une fois le film visionné, son résumé va permettre la comparaison avec ceux publiés dans les revues d'époque. Plus le film est complet, plus les chances d'identification sont grandes.
La lecture de la presse corporative revêt alors une importance capitale puisque c’est quasiment la seule source susceptible de nous renseigner et elle nous aide très souvent à confirmer ou infirmer ainsi qu’à compléter les indications fournies par l’examen de la pellicule.

La lecture attentive de la presse corporative revêt aussi un intérêt primordial pour connaître le contexte technique : elle nous informe sur la longueur des films, les présentations de copies teintées ou non ou encore sur les conditions de tournage. Les photographies de plateau peuvent témoigner de la présence de plusieurs caméras et renseigner ainsi sur l’existence de un ou deux négatifs tandis que les photographies d’acteurs aident à les identifier dans les films.

 
 

Enfin, dernier point pour lequel le recours aux revues d’époque est d’un grand secours : la reconstitution de filmographies.
Le CNC a ainsi travaillé à la reconstitution de la filmographie de la société de production « Le Film d’Art » et à celle d’Albert Capellani pour les numéros 56 et 68 de la revue 1895, consacrés respectivement à cette société et à ce réalisateur. La parution d’ouvrages scientifiques est ainsi l’occasion de tenter de reconstituer les filmographies de réalisateurs ou de sociétés de production dont une grande partie de l’œuvre filmique est aujourd’hui considérée comme perdue. Les journaux corporatifs deviennent alors l'une des principales sources de recherche. La lecture de la presse, a permis de mesurer l’ampleur de la production du « Film d’Art » tout en en suivant l’évolution, sachant aussi que pour certains films disparus, les photos publiées dans la presse sont les seules traces qui nous restent aujourd’hui des œuvres.

Ces deux publications ont donc donné la possibilité de reprendre intégralement ces filmographies. Il est arrivé que soient remises en question certaines attributions en croisant les sources écrites et en réexaminant les éléments filmiques déposés.

> Liste des revues (pdf)

Film d'art
Collection Fondation Jérôme Seydoux-Pathé
 
 

Quelques cas d'identification de films grâce à la presse :