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  La vie chez Eclair  
 

La lecture de Film-Revue permet de pénétrer dans une connaissance plus approfondie du quotidien de la société de production. Cette volonté de faire participer les lecteurs au rythme du studio est un mode de communication entre la société et ses clients. Cette communication, qui en est à ces balbutiements, cherche à s'instaurer sur le plan de la familiarité et de la participation des lecteurs (principalement exploitants de salles et diffuseurs de programmes) aux incidents, petits et grands, aux réflexions et aux débats qui animent le secteur tant sur les plans artistiques, économiques et industriels. Nous avons retenu quelques thèmes en lien avec la production et l'exploitation de la série Scientia :

 

Un rythme saisonnier :

Un appareil pour le cinéma scolaire :

La promotion de la série :

 
 

Un rythme saisonnier

 

Scientia "la fuitomanie "

La Quinzaine de Scientia in Film-Revue n°54 22 décembre 1913

La fuitomanie … ? – La fuitomanie (ou la fuite au midi) est une maladie professionnelle qui sévit dans les usines de cinéma ; elle est motivée par l'approche de l'hiver ; ses principaux symptômes se déclarent dans les laboratoires de développement d'où sortent des négatifs plus ou moins creux.
Le remède est vendu principalement par la Compagnie du P.L M. est n'est pas trop désagréable à prendre, car la guérison qu'il donne fait bénéficier le cinéma de belles bandes que rehaussent de jolis extérieurs.
La fuitomanie se fait naturellement sentir un peu chez Scientia où l'on se préoccupe de la combattre vigoureusement. Attendons-nous donc à voir bientôt une nouvelle série de ses chefs-d'œuvre éclairée par le grand soleil de la Côte d'Azur et peut-être de bien plus loin encore.

La Quinzaine de Scientia in Film-Revue du 13 avril 1914

Déjà deux mois (c'est vertigineux comme le temps s'enfuit), deux mois que, sans crier gare, laissant là Film-Revue et sa Quinzaine de Scientia, nous fuyons vers de lointains rivages. Et maintenant nous voici de retour, ayant fait une ample moisson de documents inédits sous le ciel pas toujours clément, hélas !… du pays où fleurit l'oranger. notre sympathique Rédacteur en chef nous accueille avec sa bonhomie coutumière. Il veut bien n'insister pas trop sur ce qu'il appelle notre défection car il est de toute évidence que la quinzaine faillit devenir trimestrielle. Un cordial shake-hand termina cette orageuse entrevue.

Ce que mes yeux ont vu . (Tu permets, Urwiller ?). – c'est une terrasse, au bord de la grande Bleue. Il y a là deux opérateurs entourés de bocaux où grouillent d'étranges bêtes que viennent d'apporter des pêcheurs. Soigneusement ce satané Mistral (pas Frédéric), qui n'entend rien au cinéma, veut se mettre de la partie. Profitant d'un moment où deux opérateurs ont le dos tourné, le voilà qui arrive sans prévenir, bouscule l'énorme caisse de la toile de fond…laquelle envoie balader le respectable aquarium…qui vient se défoncer sur l'appareil ; heureusement que ce dernier était une Caméra Gillon qui a absorbé froidement le choc sans broncher : quelques dandinements sur ses trois pieds furent sa seule protestation.

Quand aux opérateurs, qui n'étaient autres que vos serviteurs, ils ont absorbé la chose moins froidement !…

JAVAULT-BAYARD*
*Javault-Bayard : pseudonyme de J. Javault et André Bayard, techniciens attachés au service Scientia . Ils signent ainsi plusieurs chroniques dans Film-Revue

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L'hiver chez Scientia

La Quinzaine de Scientia (réf. A retrouver)

L'hiver a été rude et la vallée du Rhône, où Scientia avait transporté son laboratoire, ne fut pas épargnée. La cîme neigeuse du Ventoux ne domina pendant de longs jours que la campagne glacée de ce coin charmant de la Provence. Heureusement ce genre de cataclysme, au pays de Mistral, est de courte durée, et le bienveillant accueil que nous reçûmes compensa plus que largement ces petites misères. Bientôt d'ailleurs le soleil surmonta cette défaillance. La garrigue s'anima d'une vie nouvelle, pour le plus grand profit de notre œuvre de vulgarisation ; et chaque jour nos objectifs inscrivirent sur le film quelques chapitres nouveaux, émouvants ou comiques, de l'histoire des bêtes.

JAVAULT-BAYARD

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Un appareil pour le cinéma scolaire

 
Le Kinéclair

Du cinéma scolaire in Film-Revue n°47 du 31 octobre 1913

…construit pour tous usages et tous milieux, le Kinéclair aidera puissamment à l'action éducatrice de tous, grands et petits, du Peuple, en un mot, mais surtout de l'enfant .
Le Jeu est, pour celui-ci, comme un besoin, comme l'exercice d'une fonction naturelle : c'est par le Jeu qu'il s'initie à la vie. Le Cinéma Scolaire, selon la très exacte expression de Lucien Descaves, "laissera à l'enfant que l'étude rebute, la divine illusion qu'il joue." Et c'est ainsi que l'Enfant exercera ce qui est la plus sûre base du raisonnement et du jugement : la mémoire et les y eux.
L'œuvre de la scolarité cinématographique est d'instituer, non seulement la Leçon de Choses par l'Image, mais, comme dit encore Descaves, ce Musée mobile , toujours ouvert, aux éléments soigneusement catalogués et choisis, qui va chercher son jeune visiteur chez lui, afin de lui imposer les merveilles que le génie des siècles a enfantées pour lui.
L'appareil que, pour cet admirable résultat, lance aujourd'hui l' Eclair ; est un outil parfait au premier chef ; et sa "perfectibilité", s'il en était encore susceptible, ne saurait plus porter que sur des points très éloignés de son essence propre.
Son prix imbattablement restreint, n'a nullement été établi au détriment de la qualité, laquelle demeure exceptionnelle. Ce n'est pas un "jouet" c'est un outil de travail, d'abord, d'agrément ensuite.
Fait pour l 'Ecole , il a également sa place au Salon  ; c'est le Maître sûr, impeccable, intéressant, aimable, c'est aussi l'Ami souple, agréable et gracieux. Il sait distraire en enseignant, évitant ainsi de distraire de l'enseignement ; il sait aussi enseigner en distrayant.

ANDRE DE REUSSE

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Le Kinéclair

Kinéclair in Film-Revue n°47 du 31 octobre 1913

D'aspect modeste, comme tous les grands hommes, le Kinéclair se présente sous un volume réduit, recouvert, au repos, d'un élégant coffret en marquetterie fine, et plus d'un novice, en l'apercevant la première fois croira, en soulevant le couvercle, dévoiler un simple photographe d'un modèle antique.
(…) Comment se fait-il, aucun mécanisme n'apparaît ? Tout simplement deux robustes supports pour les bobines, et, au milieu, une jolie lanterne toute luisante et dorée…Où diable donc est l'objectif ? cet être est mal conformé, il n'est même pas cyclope comme ses congénères, il n'a donc pas même un œil au milieu du front ?
Si donc : regardez d'un peu plus près notre Polyphème, et vous découvrirez en dessous, sortant de son crâne, un puissant organe visuel.
(…) le Kinéclair lui, au lieu de projeter directement un banal faisceau lumineux horizontalement, le projette verticalement et le renvoie ensuite dans sa position normale ; c'est très simple, n'est-ce pas ?
(…) tout ceci, croyez le bien n'a pas été fait à la légère ; chaque chose a sa raison et en plaçant ainsi la lampe, en réfléchissant le faisceau lumineux dans un prisme, nous avons obtenu la possibilité de placer le couloir où passe le film, dans une position horizontale et, par conséquent, nous sommes arrivés à un maniement si simple de l'appareil qu' un enfant de six ans en cinq minutes devient le meilleur opérateur du monde .
(…) La pièce essentielle, la croix de Malte et son tambour (mécanisme d'entraînement alternatif), le cœur pour ainsi dire de notre sujet, est en acier de toute première qualité ; les tambours sont en bronze, tout comme un projecteur professionnel ; (…) et… ce n'est pas tout, une démultiplication permettant de passer tel ou tel endroit intéressant de la bande, image par image, afin de mieux décomposer le mouvement et de s'arrêter tout à loisir sur la vue que le conférencier désirera décrire, ou l'artiste contempler, enfin, rien n'y manque !

MAURICE LAVENTURE

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La promotion de la série

 

Scientia et Film-Revue

Quinzaine de Scientia in Film-Revue du 31 octobre 1913

Et tout d'abord, merci à la direction de Film-Revue pour l'hospitalité que nous sommes assurés de trouver, désormais, dans ses colonnes. La rubrique Scientia sera le signe de ralliement qui nous permettra de sympathiser plus étroitement avec la phalange, chaque jour plus nombreuse, de ceux qui, comme nous pensent que des quelques instants passés à feuilleter le livre de la nature l'on tire toujours quelque enseignement et l'intime satisfaction d'avoir bien employé son temps.
Nous entendons associer à notre labeur de chaque jour ceux que la cinématographie scientifique, sous ses formes multiples, est susceptible d'intéresser. Nous leur confierons nos projets, nos espérances ; nous leur ferons connaître les difficultés, les obstacles, les déboires que nous rencontrons à tout instant au cours de nos patientes observations et qui sont pour nous autant de précieux stimulants.
Nous accueillons avec plaisir les appréciations de ceux qui suivent à l'écran nos travaux de laboratoire, et nous les remercions à l'avance de vouloir discuter les mérites de nos films et nous formuler leurs critiques à ce sujet. Un tel échange d'idées nous acheminera, nous en sommes certains vers une prochaine perfection.

JAVAULT-BAYARD

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Une cinéphobe

La Quinzaine de Scientia in Film-Revue du 1 er juin 1914

C'est Mme la Receveuse des P.T.T. d'Epinay qui vient de faire dire à Scientia , par l'intermédiaire du facteur desservant l'usine de l'Eclair, de ne plus faire envoyer d'animaux vivants par la poste. Il paraît que cela effraie cette dame d'entendre grignoter les colis. D'autant que Mme la Receveuse a assisté, l'autre soir à la projection de la Vipère  ! L'idée qu'une vingtaine de colis contenant de ces animaux aient pu circuler dans ses bureaux l'a complètement affolée.
Mais que notre fidèle cliente se rassure : cette mesure n'entravera pas la continuation de la belle série des bandes de Scientia . Mme la Receveuse d'Epinay a tort de se tourner le sang, car nous n'avons plus guère besoin de ses services, l'extension considérable de nos travaux nécessite non plus des colis de 500 grammes par la poste, mais bien des postaux de 10 kilos en attendant… des wagons entiers.

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Scientia à la conquête de l'Amérique

Film Revue n° 26 1914, rubrique A l'étranger

Le Strand Théâtre, qui est la plus belle et la plus grande salle cinématographique des Etats-Unis, vient de conclure un arrangement avec Eclair pour passer désormais deux sujets par semaine de la collection Scientia  . Les Chutes du Niagara et les papillons exotiques, deux des meilleurs sujets de cette collection, lesquels ont débuté la présentation de cette série, ont été très appréciés du public.

Film Revue n°28 1914, rubrique A l'étranger

Le succès des films Scientia de la collection Eclair montrés chaque jour au Strand, s'affirme de plus en plus. Toute la presse, sans exception, félicite cette maison d'avoir pris l'initiative de ce mouvement.

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