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  Zoologie : crustacés/arachnides/insectes
 
L'Ecrevisse

L'Ecrevisse

1912 - Teinté - Muet
Format d'origine : 35 mm
Métrage d'origine : 147 m
Durée d'origine : 8 mn

La pêche à l'écrevisse se fait à l'aide d'un filet appelé balance. L'étude morphologique et la dissection en laboratoire laissent apparaître la tête et un thorax protégés par une solide carapace. L'oeil, l'appareil buccal, les branchies, les antennes et antennules, organes de sensibilité, les pattes natatoires, porteuses d'oeufs chez la femelle, montrent la complexité de ce crustacé. Ses ennemis sont le rat et l'homme.

 

Lieux de consultation : CNC à la BnF (Paris) ; Bois d'Arcy (Yvelines)

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Le Scorpion languedocien

1912 - Noir et blanc - Muet
Format d'origine : 35 mm
Métrage d'origine : 156 m
Durée d'origine : 9 mn

Le scorpion est répandu dans les régions chaudes de l'ancien monde. Dans un paysage aride, un homme soulève des pierres et capture les scorpions qu'il recueille dans une boîte, à l'aide d'une pince à épiler. Cet animal comporte des yeux convexes au milieu de la tête et de la poitrine, des pinces, organes de bataille et d'information, et une queue formée d'une série de cinq articulations, qui se termine par une sixième, le réservoir à venin, orné d'un dard courbé et aigu. Aimant l'obscurité, le scorpion déblaie le sable sous les pierres avec ses pattes et sa queue, pour se ménager une place à l'abri du soleil. Peu sociable, il évince tout concurrent qui vient le troubler. Confronté à un rat, le puissant scolopendre refuse la bataille et s'enfuit, tandis que son ennemi succombe à ses coups et meurt en quelques heures.

Lieux de consultation : CNC à la BnF (Paris) ; Bois d'Arcy (Yvelines)

Le Scorpion languedocien

Les ancêtres de Scientia :

J.H. Fabre : "Confus amas de pattes qui grouillent, de pinces qui happent, de queues qui se recourbent et choquent, menaçants ou caressantes, on ne sait au juste. Dans la mêlée, sous une incidence favorable, des paires de points s'allument et brillent comme des escarboucles. (…) tous prennent part à la bagarre, les gros et les petits, on dirait une bataille à mort, un massacre général, et c'est un jeu folâtre (…) Bientôt le groupe se disloque, chacun déguerpit un peu de partout sans blessure aucune, sans entorse."
Souvenirs d'un entomologiste , ed Balland 1988

Les insectes et les arachnides , Henri Coupin, Docteur ès sciences, 1899
Scorpion :
"Le scorpion, comme les araignées, appartient au groupe des arachnides. Il a quatre paires de pattes. Les pinces, ressemblant à celles des écrevisses, ne sont que des palpes dépendant des pièces de la bouche. Le céphalothorax est soudé à l'abdomen. La queue n'est pas une queue à proprement parler, mais la portion postérieure de l'abdomen ; le dernier anneau est globuleux et armé d'une pointe recourbée et très aïgue, c'est là l'appareil à venin du scorpion. Pour tuer une proie qu'il a capturée avec ses pinces, il recourbe sa queue par dessus sa tête et vient piquer sa proie."
Enseignement par les projections lumineuses. Notices rédigées sous le patronage de la commission des vues instituées près du Musée Pédagogiques  

Où l'on retrouve Scientia

Quand un film que l'on croit réservé à la pédagogie, et plus encore à la vulgarisation scientifique fait son entrée dans le domaine sacré de la fiction, il ouvre l'un des films les plus symboliques de l'histoire du cinéma. Les petits scorpions Scientia sont à la tête de l'avant-garde, frontispice de L'Age d'or de Luis Bunuel.

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Etude sur la mouche

1913 - Muet - Date de sortie : 27 juin 1913
Format d'origine : 35 mm
Métrage d'origine : 122 m

Film-Revue, n° 22, 9 mai 1913

Pour expurger la terre des souillures de la mort et faire rentrer dans les trésors de la vie la matière animale défunte, il y a des légions d'entrepreneurs charcutiers, parmi lesquels la mouche bleue. C'est la grosse mouche d'un bleu sombre qui, son coup fait dans le garde-manger mal surveillé, stationne sur nos vitres, et gravement y bourdonne, désireuse de s'en aller au soleil mûrir une autre émission de germes. (J.H. Fabre, Souvenirs d'un entomologiste ). On ne saurait trop se mettre en garde contre la mouche, diptère importun, que son instinct dirige vers des immondices qui sont indispensables au développement de sa progéniture. La mouche choisit toujours pour la ponte, les endroits à l'abri du soleil. La mouche est très prolifique, on voit des ponte de 300 œufs en moyenne, on en cite de 700 à 900 !
C'est d'abord sous la forme de l'asticot que nous la voyons. Dépourvu de mâchoires, il s'attaque néanmoins à des proies parfois au-dessus de ses forces, mais il parvient à les réduire, en liquéfiant sa nourriture. Bientôt après, ayant rompu sa chrysalide, la mouche apparaît, les ailes encore repliées lui donnent un aspect étrange : vues au microscope elles sont couvertes et frangées de poils.
Quand aux yeux, ils forment un merveilleux assemblage d'une multitude de facettes. Les pattes ont une forme insoupçonnée chez ces petits êtres : elles retiennent la proie que la trompe va absorber, et souvent ces proies renferment les germes les plus mortels. C'est pourquoi il faut éviter de les laisser sur les aliments apporter leur poison et le germe de maladies. »

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Les Pagures

1913 - Muet - Date de sortie : 17 novembre 1913
Format d'origine : 35 mm
Métrage d'origine : 123 m

Film-Revue, n°41, 19 septembre 1913

La pagure, genre de crustacé décapode macroure type de la tribu des « pagurinés » est répandu dans toutes les mers. Il est vulgairement appelé « Bernard l'ermite ». C'est un animal surtout littoral, de taille très variable. Les pagures sont allongés, avec l'abdomen nu et mou, souvent en spirale. Leur première paire de pattes est terminée par des grosses pinces, dont une toujours plus grosse que l'autre sert d'opercule à la coquille vide dans laquelle se tient le crustacé. Dès leur jeune âge les pagures se logent dans une coquille mollusque qu'ils trainent partout avec eux et à chaque mue, ils en cherchent une plus grande pour leur corps qui a grossi.
Quoique vivant en troupes nombreuses, les pagures sont des animaux peu sociables et très combatifs, surtout quand il s'agit d'une proie. »

Film non retrouvé

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Les Phryganes

1913 - Muet - Date de sortie : 28 novembre 1913
Format d'origine : 35 mm
Métrage d'origine : 132 m

Film-Revue, n°45, 17 octobre 1913

Les entomologistes ont classé ce genre d'insectes dans l'ordre des névroptères, section des filicornes. Les phryganes sont d'une vivacité extrême, la lumière les attire jusque dans les maisons. La phrygane poilue est commune aux environs de Paris. La vie de ces insectes est des plus éphémères, mais celle de la larve  de phrygane se loge dans un fourreau de sa construction : cette gaine, qui est à la larve ce que la coquille est à l'escargot, se compose de fragments de végétaux, de morceaux de bois, de petites pierres ou de coquillages. Malheur à la larve imprudente qui se dépouille de cette armure pour se promener au fond de la mare, elle devient infailliblement la proie d'autres larves voraces, témoin cette larve phrygane happée et déchiquetée par une larve de libellule.
Au moment de la transformation, la larve de phrygane se protège en fermant les ouvertures de son fourreau à l'aide de grilles tissées par elle. Les temps étant révolus, après destruction de sa clôture protectrice, la nymphe part à la recherche de l'endroit favorable à sa dernière métamorphose. Elle grimpe hors de l'eau après une herbe aquatique ou une branche quelconque, elle se sèche ; après de longs et patients efforts, elle se débarrasse de son enveloppe, déploie ses ailes fragiles, ses deux antennes, étire ses pattes et finit par prendre son vol vers une nouvelle et brève destinée. »

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Carabes

1913 -Tteinté - Muet - Date de sortie : 12 décembre 1913
Format d'origine : 35 mm
Métrage d'origine : 107 m
Durée d'origine : 6 mn

Insecte chasseur des jardins et des champs, le carabe se nourrit d'insectes nuisibles. Ses larves se développent dans les herbes et les mousses. Le ver de terre et la larve de cétoine sont ses proies, et il s'attaque au hanneton, fléau des récoltes.

 

 

Lieux de consultation : CNC à la BnF (Paris) ; Bois d'Arcy (Yvelines)

Les Vers marins

Ce jour là dans Film-Revue n°47 : 14 novembre 1913

Les mœurs carnassières de ces coléoptères dorés en font en quelque sorte les gardes-champêtres de nos jardins, ce qui leur a valu, d'ailleurs, le surnom de « jardinières ». Un défaut, cependant, amoindrit leurs mérites en tant que collaborateurs du cultivateur : les carabes ne grimpent pas et sont capables de débarrasser les arbres fruitiers de leurs vermines parasites. Par contre, ils font aux limaces, aux chenilles, aux vers de terre, une guerre sans merci. Un ver de terre est-il rencontré hors de son terrier, en même temps pluvieux, qu'aussitôt il est assailli par une demi-douzaine de carabes accourus. L'amélide a beau se défendre, avancer, reculer, se tordre, se rouler sur lui-même, il est entraîné sous une bûche par ses agresseurs, occis sans pitié et dévoré sur le champ.
Une procession de chenilles vient-elle à portée des carabes, que ceux-ci se ruent sur les bestioles, et, de leur formidables mandibules, les font passer de vie à trépas. C'est aussitôt une ruée formidable des « jardinières » à la curée. L'escargot, tant que sa coque est intacte, n'a rien à redouter des carabes que sa bave dégoûte ; mais, malheur à lui, dès que sa carapace est brisée par un choc. La limace, malgré son volume, est un festin carabique de premier choix et celle qui tombe au pouvoir de ces équarisseurs ne tarde pas à satisfaire leur voracité gloutonne. Quelle que soit la proie, le processus est toujours le même : aux points mordus les premières fois, les carabes continuent de mordre. Ils tiennent bon et laissent leur victime se débattre désespérément, si bien que la peau finit par céder. Les carabes fouillent alors dans les œuvres vives du patient, des renforts accourent et bientôt la carcasse seule demeure, nettoyée aussi proprement que si elle avait passé chez le naturaliste.

Ce jour là dans Film-Revue n°52, La Quinzaine de Scientia : 8 décembre 1913

Les Carabes, que l'on nomme vulgairement Jardinières , sont, parmi les insectes, les plus actifs collaborateurs du cultivateur. Figurez-vous un petit dragon recouvert d'une armure d'or et d'acier, extrêmement vif et rapide, muni d'une triple mâchoire ; pour comble, un estomac toujours vide. Voilà l'image du carabe.
Sitôt la tombée du jour, ils partent en chasse, flairant l'air avec leurs antennes ; malheur aux vers de terre, aux limaces et aux chenilles qui se trouveront sur leur chemin ; prestement les carabes en feront une pâture appréciée.
Parmi les nombreux ravageurs de nos potagers, un seul semble pouvoir résister au vorace carabe, c'est le placide escargot.
Indépendamment de sa coquille, que, du reste, le carabe arriverait bien à entamer, l'escargot possède un moyen de défense peu banal ; il consiste à riposter aux coups de dents de son ennemi par une émission de bave gluante qui a pour effet de le dégoûter littéralement.
Dans la belle bande de Scientia intitulée les Carabes, on voit un petit drame de ce genre qui se termine par la fuite du carabe, les babines engluées et l'appétit coupé. On y voit également comment une femelle creuse le sol pour y déposer ses œufs, car les carabes font l'inverse des hommes qui ne font un trou dans la terre que pour s'y enfouir eux-même une fois morts ou pour faciliter la circulation dans Paris.

Les ancêtres de Scientia

Les insectes et arachnides , Henri Coupin, Docteur ès sciences, 1899
Série de 26 vues.
Vue 10) Carabe :
"Le carabe doré ou jardinière est un insecte très carnassier. Sa tête est armée de fortes mandibules pointues. Les deux antennes sont longues et effilées. Les deux sortes de petites antennes que l'ont voit en avant des palpes maxillaires. La portion antérieure du thorax ou prothorax est ici un peu en forme de bonnet d'évêque et pointillée. Les élytres, de couleur mordorée, sont striées en long. Les pattes sont longues et effilées, comme il convient à un insecte coureur. Les tarses ont cinq parties, ce qui fait ranger les carabes dans les pentamères .
Enseignement par les projections lumineuses . Notices rédigées sous le patronage de la commission des vues instituées près du Musée pédagogique

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L'Apiculture

1913 - Noir et blanc + teinté - Muet - Date de sortie : 18 avril 1913
Format d'origine : 35 mm - Métrage d'origine : 152 m - Durée d'origine : 8 mn

Lieu de consultation : Bois d'Arcy (Yvelines)

Ce jour là dans Film-Revue n°12 du 28 février 1913

Il n'est rien de plus intéressant que l'apiculture qui a été longtemps considérée comme une branche de l'agriculture. Comme on le sait, c'est l'art d'élever des abeilles dans des réceptacles appelés ruches. Mais ce qu'on ne sait pas, c'est l'effort inouï qu'il faut accomplir pour arriver au résultat final qui est le miel délicieux que nous aimons tous, et qui sert tant pour garnir nos tables au dessert, que pour guérir les maux de gorge des enfants. Pour y arriver, diverses opérations sont nécessaires, et c'est ce qui fait l'objet de cette petite étude scientifique que nous voyons défiler devant nous. D'abord la visite au printemps pour vérifier l'état des ruches, le nourissement dans le cas où les provisions sont épuisées, la réunion des colonies faibles, le remplacement des mères, l'essaimage qui est la grosse opération puisqu'elle consiste à retirer les abeilles d'une ruche pour les transporter dans une autre. Chacun trouvera de l'intérêt à la vue de ce film, qui nous met au courant du travail accompli par ces laborieuses petites fées, qui nous procurent des satisfactions gastronomiques, et ne font montre de méchanceté que lorsqu'on les attaque ou qu'on les distrait de leur vie laborieuse et utile.

Ce jour là dans Film Revue, La Quinzaine de Scientia

La vie des abeilles, l'harmonie réglant les moindres actes de ces petites républiques que sont les ruches, avaient déjà été remarquées par les anciens : Homère les chanta. De nos jours Maeterlinck, ayant installé chez lui en plein Paris une ruche d'étude, poétisa leur labeur.
Dans le courant de l'année dernière parut dans la collection Scientia , sous le titre Une industrie pittoresque : l'Apiculture , un film qui nous montra l'élevage de l'abeille passé au rang d'une industrie et les résultats obtenus par l'apiculteur grâce aux moyens que de patientes observations basèrent sur un instinct qui jamais ne se trouve en défaut. L'on y voyait, entre autres choses curieuses, comment on pratique l'élevage des Reines ou Mères, et comment on s'y prend pour faire accepter par une ruche orpheline une mère n'ayant pas été élevée dans son sein. Cette première étude était spécialement consacrée à la ruche à cadres, disposition qui permet cette chose amusante : enlever le miel sans dommage pour la colonie et lui restituer ensuite les gâteaux de cire intacts, évitant ainsi à l'abeille son plus gros effort : la production de la cire.

 

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La Ranatre (punaise aquatique)

La Ranatre (punaise aquatique)

1913 - Noir et blanc - Muet - Autre titre : La Punaise aquatique
Format d'origine : 35 mm
Métrage d'origine : 107 m
Durée d'origine : 5 mn

La ranatre linéaire doit son nom à sa forme élancée. Elle vit dans les étangs, se nourrit du sang d'alevins et se déplace avec agilité grâce aux soies rameuses qui ornent ses pattes. Au printemps, elle dépose ses oeufs sur les feuilles de nénuphar. A l'éclosion, les petits ne mesurent que cinq millimètres.

 

Lieu de consultation : Bois d'Arcy (Yvelines)

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Mœurs des araignées des champs

1913 - Noir et blanc - Muet
Format d'origine : 35 mm
Métrage d'origine : 178 m
Durée d'origine : 10 mn

Etude des araignées des champs. Les mandibules d'une araignée et la construction d'une toile sont observées à la loupe. Une épeire capture un frelon et l'entoure de ses fils. Une toile d'araignée est détruite par la brume. Une chirachantie, après avoir défendu son nid, l'entoure de ses fils. Un théridien et une argyope se battent pour la capture d'un criquet.

 

Lieux de consultation : CNC à la BnF (Paris) ; Bois d'Arcy (Yvelines)

Deux escargotphages : la glandina et l'ophisaurus

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Les Rotifères

La Puce

1914 - Noir et blanc - Muet
Réalisation : André Bayard
Format d'origine : 35 mm
Métrage d'origine : 77 m
Durée d'origine : 2 m

Macrophotographie de puces placées sur le pelage d'un rat en laboratoire : oeufs, éclosion d'une larve, nymphe et succion. Description de la tête et de la queue.

 

 

Lieux de consultation : CNC à la BnF (Paris) ; Bois d'Arcy (Yvelines)

Ce jour là dans Film-Revue n°47, La quinzaine Scientia : 31 octobre 1913

Une brève tragédie est venue attrister ces jours derniers le laboratoire de Scientia. Notre jeune et déjà très sympathique pensionnaire : le cobaye, qui hier encore faisait une création très remarquée dans le film consacré à l'évolution de la puce, a été victime d'une sombre fatalité. Introduit par mégarde dans la cage aux rats, le pauvre animal a été retrouvé le lendemain avec les oreilles grignotées par ses camarades d'écurie. Le garçon de laboratoire coupable de négligence a été invité à ne pas récidiver.

Ce jour là dans Film-Revue n° 49 , La quinzaine Scientia  : 17 novembre 1913

Ah ! ouf ! Quel bonheur ! elle est finie la bande de la puce : on va pouvoir laisser cicatriser ses cloques dans des bains d'amidon ; le balayeur va consentir à revenir nettoyer le service, et les rats ne retourneront plus, jusqu'à nouvel ordre, sur l'appareil de contention.
Quant au public, il pourra voir bientôt comment une puce frétille de la queue (pardon, du pygidium) lorsqu'elle suce le sang d'une de ses victimes.
Mais de grâce, cher Spectateur, que la projection de la puce vous fasse rire ou frémir, songez en la voyant, aux opérateurs de Scientia !
Le paradis, fut-ce celui de Mahomet, leur est, à coup sûr, bien dû !…

Ce jour là dans Film-Revue, La Quinzaine Scientia : 13 avril 1914

On se gratte d'émoi, on s'arrache le cuir et les ongles, dans les cinémas X, Y, Z : c'est que l'on y passe la bande La puce de Scientia. Dernièrement, dans l'un d'eux, lorsque la lumière reparut dans la salle, tout le monde se regardait anxieux et surexcité : chacun se sentait de vagues picotements un peu partout. Mais soudain, une grosse dame, qui avait plus vite retrouvé son sang-froid, lança le mot juste et ramena la paix en murmurant « c'est tout de même de la documentation piquante ! »

Ce jour là dans Film-Revue, La Quinzaine Scientia : 11 mai 1914

Puisque la Puce triomphe sur tous les écrans et que ce film vient ainsi bien à point, (l'été, comme chacun le sait, étant par excellence la saison des puces) nous ne saurions trop recommander la façon élégante de se débarrasser de ces agiles autant que voraces commensaux. Vous pouvez adopter en toute sécurité, la méthode préconisée sur le film Eclair ; l'expérience en fut faite avec succès par le personnel des laboratoires Scientia . En réponse à plusieurs correspondants c'est bien le papier entourant la cage qu'il faut enduire de colle et non le cobaye. Quant à celui-ci, dûment passé au formol à 5% tous les deux jours pour le débarrasser de cette engeance mignarde, et convenablement nourri, il est presque inusable.

 

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Le Bombyx du pin et les chenilles processionnaires

1914 - Noir et blanc - Muet
Format d'origine : 35 mm
Métrage d'origine : 140 m
Durée d'origine : 8m

Le bombyx est un papillon nocturne dont le mâle se distingue par l'épaisseur de ses antennes. La femelle possède des écailles caduques, dont elle recouvre sa ponte déposée sur une aiguille de pin. En septembre, après l'éclosion, les chenilles processionnaires se déplacent en file indienne, guidées par leur fil à soie. Elles se nourrissent des aiguilles du pin, puis s'enfouissent sous la terre durant trois mois, afin de se transformer en chrysalides, au mois d'avril. Une fois papillons, trois dents placées sur le front leur permettent de refaire surface.

Lieux de consultation : CNC à la BnF (Paris) ; Bois d'Arcy (Yvelines)

Les Rotifères

Ce jour là dans Film-Revue, La Quinzaine de Scientia : 5 janvier 1914

Le Bombyx du pin et les chenilles processionnaires , film qu'éditera prochainement Scientia, est une des études les plus complètes qui aient été faites jusqu'à ce jour touchant l'histoire des papillons. Le sujet était, du reste, très vaste   ces animaux ont une existence tellement compliquée et pleine de curieux événements qu'il a fallu un an d'observation et de prises de vues pour arriver à mettre sur pied cette belle bande.
Les chenilles du bombyx du pin ont la curieuse manie de chevaucher les unes derrière les autres, formant ainsi des chapelets qui atteignent parfois plusieurs mètres de long, d'où leur nom de Processionnaires. Ce sont les seules chenilles d'Europe qui soient urticantes, mais elles s'en chargent pour toutes les autres espèces ! Elles ont laissé au service scientifique de l' Eclair un très… piquant souvenir. Rappelons à ce sujet qu'au temps où elles envahirent le Bois de Boulogne, certaines allées particulièrement infectées durent être interdites aux promeneurs en raison des accidents, peu graves mais douloureux, qu'elles occasionnèrent surtout chez les enfants qui avaient le malheur de jouer avec elles.

Les ancêtres de Scientia  :

Les ravageurs des forêts , Henri Coupin , Docteur ès sciences, 1898. Série de 24 vues

* Vue 4) Bombyx du pin
"Le bombyx du pin, dont on voit ici la chenille, le mâle, la femelle et la chrysalide, est très nuisible aux pins et aux sapins. Aussitôt sortie de l'œuf, la chenille mange les aiguilles de ces arbres. Pour son complet développement, on a calculé qu'à elle seule, elle est obligée de manger 1.000 aiguilles. Il lui suffit de 5 mn pour dévorer une aiguille entière.

•  Vue 15) Bombyx processionnaire
" les chenilles processionnaires ont la curieuse habitude de vivre en troupes qui se déplacent dans les forêts de chênes, dévorant tout sur leur passage. On voit ici la tête d'une colonne qui descend le long d'un tronc pour passer sur un autre arbre. Il paraît que si on enlève la chenille qui est en tête, toute la colonne ne sait plus se diriger et s'en va à la débandade. Les chenilles processionnaires sont couvertes de poils qui s'enlèvent très facilement. Si l'un d'eux vient à se loger dans l'œil d'un homme, il se produit une inflammation très douloureuse pouvant amener une cécité complète.
Enseignement par les projections lumineuses . Notices rédigées sous le patronage de la commission des vues instituée près du Musée pédagogique

« La processionnaire du pin», Jean Henri Fabre
Les moutons du marchand Dindenaut suivaient celui que Panurge avait malicieusement jeté à la mer, et l'un après l'autre se précipitaient, car, dit Rabelais, « le naturel du mouton , le plus sot et inepte animal du monde, estre tousiours suyvre le premier, quelque part qu'il aille ». La chenille du pin, non par ineptie, mais par nécessité, est plus moutonnière encore : où la première a passé, toutes les autres passent, en file régulière, sans intervalle vide.
Elles cheminent sur un seul rang, en cordon continu, chacune touchant de la tête l'arrière de la précédente. Les sinuosités complexes que décrit, en ses vagabonds caprices, la chenille ouvrant la marche, toutes les autres scrupuleusement les décrivent. Jamais théorie antique se rendant aux fêtes d'Eleusis ne fut mieux coordonnée. D'où le nom de processionnaire donné à la rongeuse du pin. (…)
Pour se garantir des rudesses de l'hiver qu'elle doit affronter en travaillant, la chenille du pin se tisse un abri où se passent les heures mauvaises, les journées de chômage forcé. Seule, avec les maigres ressources de ses tubes à soie, difficilement elle se protégerait à la cime d'un rameau battu par les autans. Une demeure solide, à l'épreuve de la neige, de la bise, des brouillards glacés, exige le concours d'un grand nombre. Des riens superposés de l'individu, la société fait établissement spacieux et durable.
L'entreprise est de longue durée. Chaque soir, lorsque le temps le permet, il faut consolider, amplifier. Il est donc indispensable que la corporation des travailleurs ne se dissolve pas tant que dure la mauvaise saison et l'état de chenille. Mais, sans dispositions spéciales, chaque sortie nocturne, à l'heure du pâturage, serait une cause de dissociation. En ce moment des appétits du ventre, il y a retour à l'individualisme. les chenilles plus ou moins se dispersent, s'isolent sur les rameaux des alentours ; chacune broute à part son aiguille de pin. Comment après se retrouver les unes les autres et redevenir société ?
Les fils individuels laissés en chemin aisément le permettent. Avec ce guide, toute chenille, si éloignée qu'elle soit, revient auprès de ses compagnes sans jamais faire fausse route. Il en accourt d'une foule de brindilles, d'ici, de là, d'en bas, d'en haut ; et bientôt la légion disséminée se reconstitue en groupe. Le fil de soie est mieux qu'un expédient de voirie : c'est le lien social, le réseau qui maintient les membres de la communauté indissolublement unis. »
Les merveilles de l'instinct chez les insectes , Marabout Université, 1980, p. 99-103

 

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Les Libellules

Les Libellules

1917 - Teinté - Muet
Réalisation : André Bayard
Format d'origine : 35 mm
Métrage d'origine : 178 m
Durée d'origine : 10 mn

A l'aide de sa tarière, la libellule dépose ses oeufs, d'environ deux millimètres de longueur, près d'une pièce d'eau. Puis une pré-larve fait son apparition. La larve, qui grandit par des mues successives et se dote de branchies, est exclusivement aquatique. Le développement de sa lèvre inférieure forme un bras articulé, avec lequel elle attrape ses proies. Très carnassière, elle se saisit d'un têtard de grenouille, d'un ver et même d'un petit poisson. Pour finir, la larve quitte son domaine aquatique et monte le long de la tige d'une plante, sur un bouton d'iris, pour se transformer en insecte avec des ailes diaphanes.

Lieux de consultation : CNC à la BnF (Paris) ; Bois d'Arcy (Yvelines)

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Les Bousiers

Noir et blanc - Muet - Autre titre : Der Mistkäfer
Format d'origine : 35 mm
Métrage d'origine : 138 m
Durée d'origine : 5 mn

Le scarabée sacré, communément appelé bousier, se nourrit exclusivement d'excréments d'animaux herbivores. Il se pose sur le fumier et confectionne à l'aide de ses pattes une boule appelée pilule, qu'il pousse jusqu'à son terrier, où son repas durera plusieurs jours.

 

 

Lieux de consultation : CNC à la BnF (Paris) ; Bois d'Arcy (Yvelines)

Les Bousiers

Ce jour là dans Film-Revue , La quinzaine de Scientia

Il existe au Museum de Paris un endroit très amusant pour les personnes qui s'intéressent à la vie des insectes. Au dernier étage du bâtiment abritant les galeries de Zoologie se trouve une salle consacrée à l'entomologie appliquée. Dans les minuscules décors, figurant les terrains de leur pays d'origine, l'on voit des insectes dans les attitudes de leurs principales occupations. Le scarabée sacré, dont la posture dénote l'effort, dirige vers une direction inconnue une sphère de crottin trois fois grosse comme lui.
Plus loin, la Mygale soulevant le couvercle de son repaire est aux aguets, prête à bondir sur une proie problématique.
(…)
Ce sont là très utiles leçons de choses qui auront leur complément lorsque le public sera admis à contempler ces divers insectes, vivant et agissant, dans les locaux prévus pour l'Insectarium, aux destinées duquel préside avec sa modestie coutumière M. Labitte, distingué professeur du Museum.

Contes et légendes

- Le scarabée sacré dans l'Egypte ancienne : les Egyptiens vénéraient le scarabée dans lequel ils voyaient comme un symbole de l'immortalité, la pilule de bouse réalisée par l'insecte était l'image du monde.
- Commentaire d'Horus Apollo, observateur de l'Egypte ancienne par J.H. Fabre :
" L'antiquité ignorait les merveilles de la métamorphose. Pour elle, une larve était un ver né de la corruption. La misérable créature n'avait pas d'avenir qui la tirât de son état abject ; ver elle avait paru, et ver elle devait disparaître. (…)
Pour l'auteur égyptien, la larve du scarabée était donc inconnue. Et si de fortune il avait sous les yeux la coque de l'insecte habité par un gros ver pansu, il n'aurait jamais soupçonné dans l'immonde et disgracieuse bête le futur scarabée à sévère élégance. D'après les idées de l'époque, idées longtemps conservées, l'insecte sacré n'avait ni père ni mère, aberration excusable au milieu des naïvetés de l'antique, car ici les deux sexes sont impossibles à distinguer extérieurement. Il naissait de l'ordure de sa boule, et sa naissance datait de l'apparition de la nymphe, ce bijou d'ambre où se montrent, parfaitement reconnaissables, les traits de l'insecte adulte.
Pour l'antiquité, le Scarabée commence à naître à la vie du moment qu'il peut être reconnu, pas avant ; car alors viendrait le ver de filiation non encore soupçonnée. Les 28 jours pendant lesquels s'animent la race de l'insecte, d'après le dire d'Horus Apollo, représentent donc la phase nymphale."

Les ancêtres de Scientia  :

* L'allusion au communisme si surprenante est déjà inscrite dans les références politiques de J.H. Fabre :
"Vainement, je me demande quel est le Proudhon qui a fait passer dans les mœurs du scarabée l'audacieux paradoxe "La propriété, c'est du vol" ; quel est le diplomate qui a mis en honneur chez les bousiers la sauvage proposition : "La force prime le droit".
Souvenirs d'un entomologiste

•  Le transport de la pilule :
"Le scarabée ne travaille pas toujours tout seul au charroi de la précieuse pilule ; fréquemment, il s'adjoint un confrère ; ou, pour mieux dire, c'est le confrère qui s'adjoint (…). Désormais, les deux compagnons travaillent en associés. A qui mieux mieux, ils acheminent la pilule en lieu sûr. Y a-t-il eu pacte, en effet, sur le chantier, convention tacite de se partager le gâteau ? (…) Ni communauté de famille, ni communauté de travail (…) c'est tout simplement tentative de rapt. L'empressé confrère, sous le fallacieux prétexte de lui donner un coup de main, nourrit le projet de détourner la boule à la première occasion. Faire sa pilule au tas demande fatigue et patience ; la piller quand elle est faite, ou, du moins, s'imposer comme convive, est bien plus commode ."
Souvenirs d'un entomologiste

•  La vie des insectes , Henri Coupin , Docteur ès science, 1899
Se réfère longuement à J.H. Fabre
Description de la formation de la pilule et de son transport :
"C'est un coléoptère noir, plus gros qu'un hanneton, au corps plat. Quand une bouse de vache a été déposée dans les environs, il s'en rapproche, puis avec ses pattes et sa tête, il en extrait des petits morceaux qu'il brasse de manière à confectionner une boule d'environ la grosseur d'une noix. Il se met ensuite en devoir de la véhiculer au loin. Relevant son abdomen et se plaçant la tête en bas, l'insecte embrasse la pilule de ses longues pattes postérieures, qui s'y plantant en deux points seulement ; de cette façon la pilule peut tourner autour d'un axe virtuel, comme le fait la roue d'une brouette autour d'un pivot. S'arcboutant alors sur ses pattes intermédiaires, il fait mouvoir ses pattes antérieures de manière à marcher à reculons , c'est à dire à pousser la boule en arrière de lui."
Enseignement par les projections lumineuses . Notices rédigées sous le patronage de la commission des vues instituées près du Musée Pédagogique.

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L'Argyronète

L'Argyronète

Noir et blanc - Muet
Autre titre : Une Araignée qui vit dans l'eau
Format d'origine : 35 mm
Métrage d'origine : 126 m
Durée d'origine : 7 mn

Araignée essentiellement aquatique, l'argyronète respire grâce à une bulle d'air adhérant à son abdomen. Insociable et batailleuse, c'est une familière du tissage. Elle assure l'adhérence de la couche d'air l'isolant du liquide en lissant son corps ; et bâtit dans l'eau une habitation où, véritable cloche à plongeur, elle accumule l'air.

 

 

Lieux de consultation : CNC à la BnF (Paris) ; Bois d'Arcy (Yvelines)

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