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  Vulgarisation et enseignement  
 

De nombreux articles de Film-Revue témoignent de l'inscription de la série Scientia dans les champs de la vulgarisation scientifique et de l'enseignement. Mais ces deux aspects ne renvoient pas uniquement à la sphère scolaire car ce serait un contresens de ne voir dans ces films que des supports pour les enseignants puisque ce n'est que dans un second temps qu'ils rejoignirent les « tableaux blancs ». Ce sont d'abord les salles de cinéma, où se rassemblait un très large public, qui furent envahies par le bestiaire de Scientia, les films étant inscrits dans les programmes hebdomadaires distribués par Eclair. Mais il est certain que les dirigeants de la société de production étaient convaincus de la mission éducative du cinéma et du potentiel économique que ce secteur recouvrait.

   

L'Education de la jeunesse par L'Adaptation combinée du Cinéma, de la Musique et de la Littérature
Conférence faite par M. BELLAN
Ancien président du Conseil municipal, Président – Fondateur de la Société d'Enseignement Moderne
Le 3 juillet 1913

Extraits publiés dans Film-Revue n°33 du 25 juillet 1913

Les méthodes pédagogiques anciennes avaient le grave défaut de présenter aux enfants un enseignement abstrait. Rien ne parlait à leur imagination, l'enseignement n'était pas vivant. L'école était sombre, le maître sévère, l'enseignement froid : aussi l'enfant allait-il à l'école comme…un chien qu'on fouette et la tendre Marceline a-t-elle pu justement faire dire, dans une poésie célèbre à un petit écolier de son temps : "Mais le maître est tout noir et je n'ose pas rire."
Les explications du meilleur manuel sont lettre morte, ou à peu près, pour l'enfant, si elles ne sont accompagnées de la vision des objets et des choses. Allez donc par exemple, faire comprendre à un petit parisien ce que c'est qu'une charrue, quelqu'explication que vous lui en donniez, si vous ne lui faites voir l'outil lui-même ou sa représentation ?
Comment voulez-vous qu'un petit paysan qui ne connaît que sa ferme et les champs déserts, puisse se faire une idée d'un palais ou d'une rue grouillante de monde ?
On a donc songé à rendre plus attrayante l'instruction des petits et alors est venue la période de l'enseignement par l'image. Images dans les livres, en marge des commentaires, tableaux en couleurs accrochés aux murs. L'école y gagnait aussi un peu en gaieté, les murs nus disparaissaient en partie sous les images coloriées. Le maître pouvait, après avoir donné l'explication d'un objet, d'un animal, d'une construction, etc…montrer des choses à l'enfant représentées sur ces images. La vision n'en était pas encore bien nette, mais la curiosité de l'enfant était éveillée et son désir de connaître les objets réels s'en accroissait d'autant.
Les illustrations parlant à l'imagination de l'enfant, et, venant s'ajouter aux commentaires du maître, marquaient donc un progrès réel.
Mais cette méthode d'instruction par l'image est forcément limitée. Il faudrait, pour varier les sujets et les développer, des gravures à l'infini et encore n'arriverait-on pas au résultat désiré.
Il nous a semblé que le cinéma dont la vogue est toujours croissante, parce qu'il arrive à reproduire de plus en plus exactement les scènes de la vie et de la nature pouvait, dans les mains d'un homme connaissant les questions d'enseignement, devenir un instrument excellent d'initiation pour les enfants.
(…)
Grâce à lui il n'existe plus ni temps, ni espace : monuments des époques anciennes, découvertes scientifiques, flore et faune des cinq parties du monde, scènes d'actualité, tout ce qui fait la matière de l'histoire, de la science ou de l'art, apparaît devant nos yeux avec l'attrait, l'intensité et le relief de la vérité et de la vie.
Aussi, a-t-on depuis longtemps songé à utiliser dans nos lycées et nos écoles ce kaléidoscope incomparable qu'est devenu le cinéma moderne, auprès de qui, les froids tableaux muraux et même les projections fixes deviennent bien vieux jeu.
Mais ici une difficulté se présentait qu'il convenait de vaincre. Il fallait, de toute nécessité, que le Cinéma, déjà si attrayant, eut une valeur éducatrice au plein sens du terme. Il importait donc que les films destinés à nos écoles fussent choisis avec soin et coordonnés de façon à constituer un tout méthodique et gradué.
C'est à la résolution de ce passionnant problème que nous travaillons depuis quelque temps déjà en vue d'une application pratique à l'usage des cours du soir de notre chère enfant, la Société d'Enseignement Moderne.
(…)
Préoccupation de la méthode dans les films présentés, souci constant de la rigoureuse exactitude scientifique dans les plus infimes détails, tel est le double but que la Commission a toujours eu en vue pour répondre à l'idéal pédagogique qui est, aujourd'hui comme jadis, d'instruire en amusant.
(…)
Nous donnerons, chaque semaine, le jeudi en matinée, un spectacle instructif, leçon de choses vivante, qui se divisera en trois parties.
La première se composera d'une causerie faite par un conférencier sur le sujet choisi : une scène de la vie des champs, ou de l'atelier ; les différents aspects d'un pays ; les mœurs des hommes et animaux ; les curiosités de la fabrication d'un objet d'usage courant, en apparence très ordinaire ; un des grands spectacles de la nature, etc…
Nous suivrons d'ailleurs, vous l'avez déjà compris une progression pédagogique.
La seconde partie cinématographique, mettra en action sous les yeux des enfants la causerie du conférencier et celui-ci leur en rappellera les détails saillants au fur et à mesure qu'ils apparaîtront sur l'écran.
La troisième partie , littéraire et musicale, comprendra l'audition d'une page d'un auteur classique ou moderne, et d'une chanson ou mélodie se rapportant au sujet traité.
Cette manière de procéder offrira à l'enfant une leçon à la fois didactique, expérimentale, imaginative et artistique, et nous aurons atteint ce triple but d'instruire les écoliers en nous adressant à la fois à leur intelligence et à leur imagination, tout en développant leur goût afin de leur donner la notion du bon, du beau et du bien.

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La science au cinéma

In Film-Revue du 17 janvier 1913

Que le titre pompeux de Cinématographie Scientifique ne soit pas pris au sens sévère du mot ! Ce serait une mauvaise affaire pour les éditeurs et pour le public que d'aborder des sujets trop élevés.
Le mot «Vulgarisation » déjà très employé pour cette question, est encore le seul qui convienne.
Pour satisfaire le double but commercial et éducatif : il faut deux conditions :1° que le choix du sujet soit, sinon à la portée de tous, du moins à celle de la moyenne : 2° que la présentation en soit claire et amusante. Il y a toujours un moyen de rendre un sujet intéressant si aride qu'il paraisse : c'est le but de l'éducation moderne, c'est aussi celui du cinéma.
Après une année scolaire laborieuse, l'enfant lâché sur les plages du bord de mer est tout à coup transporté dans un monde nouveau. La flore et la faune marines qui l'entourent ont des secrets à nuls autres pareils.
S'il a de la mémoire, se rappellera-t-il peut-être que tel sujet ou tel autre fait partie de telle classe ou telle famille ? Mais vraiment la leçon n'a pas été évocatrice, et il ignorera la vie grouillante et mystérieuse de tout ce qui l'entoure.
Mais l'enfant habitué des spectacles cinématographiques, parmi les drames qui l'ont ennuyé ou les comiques qui l'ont fait rire, d'autres sujets l'ont émerveillé.
Dans un labyrinthe de grottes en corridors, avec leurs compartiments en échappées lumineuses et vitrées de patries sous-marines, disposées avec un tel art que pas un moment l'impression n'est celle de maladroit trucage, des dolmens incrustés de visqueuses joailleries, des cirques en gradins basaltiques où des crabes d'une obtuse et tâtonnante bonne humeur achèvent doucement une laborieuse digestion. Des plaines d'un sable si fin que soulève parfois du vent, des coups de queue, un poisson plat semble arriver dans un flottement d'oriflamme et de liberté : des arbres ossifiés où se suspendent de vivantes grappes d'Hippocampes ; enfin sous de chaotiques arcs de triomphe en ruine, de merveilleux poissons naviguent entre les rameaux.
L'enfant a pénétré dans la trouée lumineuse d'une salle enténébrée, un coin du mystère de la vie au fonds des mers. Peu importe maintenant que le crabe et la crevette soit des crustacés, sur la plage, à plat ventre, curieusement il observera les évolutions de ce qui vit et qu'il connaît déjà : ce n'est plus pour lui une question de classe et de famille, mais un être qui vit, qui souffre, qui meurt, et de la curiosité satisfaite naît la pensée.

G. MAURICE

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Le Cinéma et les écoles

In Film-Revue n°15 et 16 des 21 et 28 mars 1913

C'est à un français, M. Emile Brucker, professeur d'histoire naturelle au lycée de Versailles, que revient l'honneur d'avoir introduit le cinématographe à l'école. Et voici plus d'un an qu'il tenta cette expérience appelé à révolutionner, sans doute, beaucoup des anciennes méthodes de pédagogie.
Aux gravures souvent confuses presque jamais séduisantes, des livres de classe, zoologies, botaniques, géologies, on substituera quelque jour, et d'une façon définitive, le film qui dévoilera aux élèves les secrets de la vie des insectes, de la fécondation des fleurs, les mœurs des oiseaux ou les grands phénomènes naturels de notre planète.
L'exemple de M. Brucker n'a pas manqué d'être suivi çà et là à l'étranger. Au cours d'un récent congrès des membres de l'enseignement en Angleterre, un adepte de l'idée de Brucker, pour convaincre ses collègues, leur donna une petite séance de cinéma.
Jetez un coup d'œil sur le programme de cette petite soirée.

Géographie : la Tasmanie et les Bermudes
Botanique : la naissance d'une fleur. Chardons.
Ornythologie : le coucou
Histoire : un épisode de la vie de Cromwell.
Entomologie : termites et termitières
Science : les applications de la radiographie.

Enfin, en Amérique et en Allemagne, divers collèges et universités sont déjà entrés dans une voie nouvelle : le cinéma éducateur.
Toute personne à qui il a été donné d'assister à la production de films à tendances scientifiques reconnaîtra qu'à la fin de la présentation elle avait augmenté son bagage intellectuel. L'éclosion des œufs de puces, la naissance de l'insecte parfait chez les moustiques, la visite d'une exploitation aurifère du Sud-Africain ou la visite d'une plantation de coton, sont autrement instructives que la lecture de magazines, en tout cas, plus séduisantes et plus faciles que l'étude de traités spéciaux .
Mais il est un autre aspect de la question sur lequel il convient d'insister. Si nous n'hésitions pas quelque peu à employer un langage assez dithyrambique, nous l'appellerions volontiers le miracle du cinéma.


Non seulement le cinéma nous donne la reproduction exacte de la vie, ce qui est son essence même, mais encore il nous permet d'entrer dans un domaine tout nouveau. Non seulement il nous met en mesure d'étudier un certain nombre d'étapes du développement d'un être, mais encore il nous permet de suivre ce développement dans le temps d'une façon continue. Mieux encore, il nous rend libres de faire varier l'unité de temps, de même que la loupe et le microscope nous permettent de changer l'unité de longueur.
Vous en aurez une illustration admirable si vous voulez, par exemple, étudier le développement d'une graine. Cette étude, dans un laboratoire, peut demander quelques semaines. Grâce au cinéma, elle est permise en quelques minutes, et voici comment.
Un dispositif mécanique a permis de prendre toutes les vingt minutes un cliché des phases du développement de cette graine. Le cinéma peut ensuite projeter ces clichés à un intervalle de moins d'un dixième de seconde.
Ainsi, les étudiants parcourent en quelques minutes les étapes que la nature, plus lente, a demandé des semaines à franchir.
On trouvera une autre explication pratique du cinéma dans la science médicale. Certains hôpitaux d'Amérique sont actuellement pourvus de cinématographes. Qu'un blessé, souffrant de douleurs internes soit admis d'urgence, on peut prendre, grâce aux rayons x des clichés de ses organes internes et, le film une fois déroulé, on se rend compte du fonctionnement des dits organes et on peut ainsi diagnostiquer à coup sûr le mal et ses causes.
Le cinématographe a pu récemment enregistrer, pour l'édification des géologues, un des phénomènes naturels les plus curieux : la naissance d'une île. Cette île, qui est soudain, sortie des flots, dans le détroit de serpent's Mouth, entre la Trinité et le Vénézuéla, est due à des perturbations volcaniques. Un appareil qui prenait des clichés toutes les vingt minutes nous permet maintenant d'assister en peu d'instants à la représentation de ce fait extraordinaire.
Grâce au cinéma, bien des particularités demeurées mystérieuses de la vie des animaux ont été élucidées. Un opérateur posté près d'une mare, au sein de l'Afrique équatoriale, a pu "filmer" le protocole observé par les fauves quand il se rendent à l'abreuvoir. Ils se désaltèrent toujours dans un certain ordre, les plus forts se servant les premiers, sans contestation et avec un ordre admirable. L'éléphant passe d'abord, puis le rhinocéros, puis la girafe, etc.
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Le Cinéma et les écoles

Film –Revue n°19 du 18 avril 1913

(…)
Le cinématographe qui, par sa vogue foudroyante, est bien devenu, maintenant, le véritable théâtre du peuple, ne peut s'en tenir à demeurer indéfiniment une distraction agréable, surtout parce qu'elle reste à la portée des bourses les plus modestes.
Et puisque "théâtre" il est, il doit, bénéficiant des avantages de sa fonction, assumer les devoirs de sa charge. Sa mission est de plus large envergure, car le borner au simple rôle d'amuseur serait le détourner singulièrement de sa destination réelle. Et s'il ne saurait, théâtre encore perfectible épurer dès maintenant le goût du public en initiant celui-ci à la beauté intégrale, le Cinéma, du moins, peut amplifier jusqu'aux plus utilitaires résultats, son essence éducative et pédagogique.
De par les multiples essais éparpillés au cours de ses milliards de séances à ce jour, l'expérience lui a prouvé quelle force d'enseignement couve en lui, toute prête à de plus effectifs emplois. Et la même expérience l'a, dès longtemps, convaincu des affinités existantes entre le goût infaillible des foules, et ces atours, si gracieux dans leur neuf, que revêt aujourd'hui la science pour mieux flirter avec elles.
De même que le théâtre, par destination, fut, dès son origine une école, le cinéma doit être une école, en attendant l'heureux jour, que nous appelons du meilleur de nos vœux, où il sera l'Ecole. Sachant ses inépuisables ressources, mais que celles-ci ne pouvaient être réalisées d'un coup, nous lui avons fait large crédit, confiants dans la marche ascendante de son incessant progrès. L'heure sonne à présent, pour lui, de justifier les espérances que nous avons placées à son actif.

(suite) Film-Revue n°20 du 25 avril 1913

Il ne s'agit plus, désormais, de s'en tenir à quelques accidentelles leçons jetées au travers d'un programme pour en rompre la monotonie et pimenter d'une variété l'ordinaire défilé comique ou larmoyant des bandes purement théâtrales. Riche de tant de trésors patiemment accumulés, le Cinéma d' enseignement peut et doit aujourd'hui prendre sa place à la chaire professorale, sans nullement abandonner la scène professionnelle.
Il ne saurait arguer de ressources insuffisantes, car son domaine scientifique, aux granges déjà pleines d'abondantes moissons, étend chaque jour davantage ses champs, desquels un inlassable labour fait constamment surgir de nouvelles luxuriances.
A notre époque, l'être civilisé voit sans arrêt croître la nécessité de savoir davantage, de quintupler, en attendant qu'il faille les décupler, les connaissances dont ses aïeux pouvaient se contenter. Il lui faut suivre un élan que rien, désormais, ne saurait essouffler – et ceci bien que la masse cervicale soit de même proportion que le cerveau des ancêtres, et bien que les jours continuent à n'avoir que vingt-quatre heures.
La loi du moindre effort s'impose donc, imprescriptible.
Or, quel meilleur agent d'études que le cinéma, peut synthétiser la tâche et réduire la peine ?
Les fastidieux rudiments de jadis, les monotones ânonneries d'autrefois, les miettes instructives grapillées au hasard sous la férule de quelque pédant et retenues d'aventure, les bribes d'enseignement ramassées de bric et de broc au détour de quelque bouquin taché d'encre et de confitures, toute cette foire aux ferrailles pédagogique dont s'encombra notre triste enfance, tout cela a vécu. Que la tombe lui soit légère !
Jusqu'ici, la véritable porte du cerveau, le commutateur de l'intelligence fut l'oreille. Mais le passage, à double issue, souffrait par trop du courant d'air, car ce qui entrait par une oreille, après une rapide traversée du cerveau, souvent pris à d'autres occupations, ressortait par l'autre oreille sans laisser nul bagage à la consigne. Si bien que, devenu homme, quand l'enfant commençait à savoir apprendre , il avait depuis longtemps passé l'âge où l'on peut apprendre pour savoir . Evidemment, cela n'empêcha pas l'histoire de la science non plus que celle de la littérature de s'enrichir de glorieux génies ; mais que de Diafoirus pour un Ambroise Paré ! pour un Napoléon combien de maréchaux Lefèvre !…Le moindre manœuvre, aujourd'hui, en sait plus que Louis XIV, Roi du grand siècle ! Son fils, demain, en saura davantage que Vaugelas, Voiture et autres Conrard, les académiciens de 1634. Pourquoi cela ? parce que, désormais, l'outil sera meilleur. Merveilleux et sûr véhicule, qui ne versera pas en route son chargement d'impressions vives et durables, l'œil sera le fidèle servant du cerveau. Et grâce à cet enseignement par l'œil – que nous espérons voir un jour exister (pardon !)…à l'œil ! – peut-être nos enfants ne trouveront-ils plus aux "racines" de la science cette amertume de quassia-amara qui, lorsque nous les sucions nous-mêmes, nous emportait la bouche.

ANDRE DE REUSSE

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Du cinéma scolaire

In Film-Revue n° 30 du 4 juillet 1913

(…)
Que d'années, déjà, ont passé sans amener la mise en pratique, l'exécution sérieuse de cette réforme scolaire dont tout le monde parle, que chacun espère, que les plus indifférents souhaitent ardemment et ceux qui, comme nous et tant d'autres, furent et demeurent inlassablement à la tâche pour faire aboutir l'effort utilitaire, savent à quelles apathies (pour ne pas dire plus !) se heurte leur apostolat.
Car il y a loin de la coupe aux lèvres, et si les bonnes volontés qui désirent sont légion, les bonnes volontés qui agissent sont trop peu et, malheureusement, trop desservies par le manque initial de moyens.
Bravo donc à ceux qui, plus heureux que nous, arrivent à secouer enfin l'inertie je n'ose dire : à vaincre l'hostilité gouvernementale quant à l'inévitable et tant désirée réforme scolaire dans la vie de laquelle beaucoup d'autres nations nous ont déjà précédé. J'userai moi – c'est mon dessein dès longtemps arrêté – de tous moyens, voire de toute polémique pouvant aider à la cause et lui permettre d'utiliser les admirables, les immenses matériaux que les grands chefs cinématographistes ont, avec un zèle incessant, préparés depuis si longtemps. Que de richesses encore inutilisées tiennent au premier appel de l'Enseignement, les réserves scientifiques des grandes maisons, à la tête desquelles l'Eclair, Pathé, Gaumont se sont, sous ce rapport classées imbattables ! notre Pays, pionnier incontesté du progrès, sait toujours qu'il trouvera à l'avant-garde de tout bel effort, le dévouement et le génie de ses enfants. Qu'il fasse donc, une fois de plus, appel à l'un et à l'autre : aucun ne lui fera défaut pour assurer à la France, dans l'édifice du bien-être universel, la gloire pure et noble d'en être le meilleur architecte.

ANDRE DE REUSSE

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